Abandonner ou arrêter

Abandonner ou arrêter

Abandonner, arrêter, faiblesse ou raison

Je lis trop souvent sur les réseaux sociaux des commentaires assassins sur des coureurs qui abandonnent lors d’une course. Je ne connais pas de coureur qui prend cette décision en criant « Youhouhou ! ». Il y a toujours une bonne raison pour celle et celui qui prend cette décision et nous ne pouvons pas nous mettre à sa place. Chacun fait avec ses propres ressources au moment même où il fait ses choix et pour lui il y toujours une intention positive dans cette action.

Quelques fois il est utile de jouer avec les mots. Il y a une sacrée différence entre « j’ai abandonné » et « j’ai arrêté ma course ». Encore mieux : « J’ai fait le choix d’arrêter »

De quelles courses parle-t-on ? J’évoque ici les courses de longues distances. Ces courses où nous savons comment elles commencent et durant lesquelles leur histoire idéale pourra prendre une toute autre tournure. Chaleur, froid, vent, crampes, déshydratation, soucis d’alimentation, diarrhées, nausées, vomissements, tendinite, vertiges, épuisement peuvent évidemment influencés le déroulement de la course. Nous ne sommes pas égaux face à ces problèmes, nous n’avons pas tous le même mental ou force physique. Certains coureurs sont des machines, des locomotives, des engins de chantiers d’une rare puissance, des bûcherons ! D’autres sont plus frêles, moins forts, avec des pensées qui les font douter. Et enfin chaque sportif le sait la forme du le jour J est capitale ! Même les pros l’acceptent, nous ne sommes pas toujours à 100% et il faut faire avec.

Abandons pour quelle(s) raison(s) ?

Etre dernier n’est pas une tare, cesser d’avancer non plus. Aux 24h de Grenoble en 2013 les médecins me demandent de stopper afin d’éviter de m’écrouler sur le parcours et de finir à l’hôpital (tension beaucoup trop basse). Dans ces conditions faut-il aller au bout ? (J’y suis déjà allé et ça m’a apporté quoi ? Strictement rien). Quand la blessure peut être handicapante ensuite pour plusieurs semaines ou mois il vaut mieux stopper.

Si c’est juste un passage de baisse de moral ça vaut le coup de ralentir, voir faire une pause et repartir. Ce n’est souvent qu’un passage. En revanche la gestion de ce passage est capitale car nous ne savons pas combien de temps il durera. Il peut être de quelques minutes ou parfois s’inscrire dans le temps, avec des hauts et des bas, et atteindre plusieurs heures. C’est là que la force mentale joue son rôle.

Si c’est un objectif de la saison il vaut mieux tenter d’aller au bout afin de ne pas avoir de regret.

Si c’est à cause de la difficulté du parcours (ex ultra trail) je pense qu’il faut continuer le plus loin possible et que cela serve de leçon pour la suite (mieux se préparer par exemple ou revoir les objectifs à la baisse).

Si la santé en dépend je suis de plus en plus convaincu qu’il vaut mieux arrêter, mieux s’entrainer et revenir sur la course l’année suivante pour prendre sa revanche.

Retenez ceci : Abandonner = renoncer – Arrêter = cesser d’avancer

Faites votre choix en conscience et n’ayez aucun regret si vous décidez de rendre le dossard. Faites juste attention que le fait de stopper ne devienne pas une habitude. Il est aisé de rentrer dans cet engrenage et là il y a certainement un besoin de travailler sur vos stratégies mentales.

Donnez vous le droit d’abandonner pour ne jamais renoncer !