Sevrage de course à pied

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Sevrage de course à pied : réactions physiques et psychiques

Nous parlons souvent de l’addiction au sport (la bigorexie) ou pour ce qui nous intéresse l’addiction à la course à pied (phénomène bien connu des coureurs, des coachs et des psys). Les psychiatres estiment qu’à partir de 10 heures de sport hebdomadaires nous sommes tombés accros !

Lorsque l’on veut progresser en ultramarathon, les 10 heures par semaine sont rapidement atteintes. Donc nous sommes des drogués de course à pied, certes, on prend notre pied en courant, les endorphines et dopamine (plus d’autres sécrétions) nous stimulent le cerveau et nous voilà consciemment ou non en demande de notre activité préférée. Mais que se passe-t-il quand nous stoppons quelques semaines ou quelques mois ? Comment vivons-nous cette période de sevrage ? Quelles sont les réactions physiques et psychiques ?

Expérience de sevrage

Lors d’un arrêt (repos, blessure, arrêt définitif de l’activité) différentes sensations peuvent apparaitre. Ce n’est pas toujours le cas mais voici ce que les coureurs peuvent ressentir lors d’une expérience de sevrage :

– Douleurs physiques diverses : douleurs et raideurs des jambes, blocage du dos, raideur au niveau de la nuque et des trapèzes, maux de tête, nausées, vertiges, impatience des jambes, crispation du visage (mâchoires).

– Aspects psychologiques : sommeil perturbé, nervosité (voire très forte nervosité), colère, déprime, dépression pour les cas les plus difficiles, concentration fortement mise à mal, mauvaise communication avec son entourage, besoin de solitude, idée fixe sur la reprise de son sport, sexualité perturbée (envies plus importantes ou baisse considérable de la libido).

Quelques clés pour résister

Si le coureur le peut il lui est conseillé de faire des promenades à vélo ou de pratiquer des séances douces de natation. Le but n’est pas de devenir un cycliste ou un nageur pro, mais juste de bouger pour soulager le corps et ses besoins d’activité. L’hypnose, le yoga, les exercices de respiration, la gym douce, les techniques de PNL ou encore de sophrologie sont des piliers importants lors d’une période de sevrage. Il est important de se changer les idées, d’éviter les situations conflictuelles et d’occuper son esprit en sachant qu’il faudra être patient durant quelques jours ou quelques mois…

Le médecin (généraliste ou du sport) pourra, s’il le faut, prescrire un traitement médicamenteux (lutter contre la déprime, la nervosité, les insomnies).

Attention à ne pas tomber dans d’autres dépendances : drogue, alcool, autres sports, jeux d’argent et tout ce qui peut être un leurre. Le sportif préfèrera faire appel à un service de spécialistes de l’addiction sportive, à un coach de vie ou un à psy qui vont l’aider à s’exprimer et à remplacer certains de ses comprtements par d’autres.

L’entourage du sportif

Concernant l’entourage, ne prenez pas à la légère ces périodes de sevrage. Elles sont particulièrement difficiles à vivre. Il est possible que par moment vous ne reconnaissiez pas celle ou celui qui passe par ces moments compliqués. Etre à l’écoute, éviter les conseils, parler d’autre chose et comprendre que cette souffrance ne durera pas mais qu’elle doit être accompagnée pour perdre en force.