Courir en hiver au Québec

Line Lavergne habite à Shawinigan-Sud et Vincent Ostiguy à Saint-Hyacinthe au Québec.

Malgré le froid, cela ne les empêche pas de courir !

Ils courent jusqu’à des -27° (température ressentie -36°).

Mais comment font-ils pour courir en hiver au Québec ? Ils agissent avec simplicité et bon sens !


Stéphane Abry : Jusqu’à quelle température vas-tu courir ?

Line Lavergne : C’est vraiment mon premier hiver de course à pied. L’année passé, j’ai fait quelques sorties de canicross avec un malamute, chien de ma fille. Vraiment intense le canicross car on devient « un » avec l’animal et on fonce dans la nature. C’est là que j’ai réalisé que je me privais, en quelque sorte, du bien-être dans l’accomplissement de mon sport en courant seulement en salle pendant la saison froide. Comme je n’aimais pas trop line lavergne - stephane abryl’air que je respirais dans mon centre d’entraînement, je me suis dit que rien ne pouvait m’empêcher de courir dehors, qu’il fasse très chaud ou très froid. Il faut dire qu’avec le temps, j’apprends à me connaître via la température et je m’adapte au fil du temps.

Le plus froid que j’ai couru est -27 et je prévois courir dans plus froid. Sans doute que ma sortie y sera raccourcie et que je serai privé d’eau plus vite dû au gel. Mais, courir dans trop froid peu être néfaste pour les poumons.

Vincent Ostiguy : Je n’ai pas vraiment de température limite pour ne pas courir. La température (sur le thermomètre) ne m’a jamais arrêtée. La plus basse température à laquelle j’ai couru est -38 degrés, l’hiver passé. Lorsqu’on est correctement habillé, la température n’a plus vraiment d’importance. Ce qui m’empêche de courir à l’extérieur c’est plutôt une bonne tempête de neige, de verglas. L’an dernier, j’ai manqué l’entraînement extérieur à deux reprises seulement, à cause des sauts d’humeur de Dame nature. Cette année, Dame nature ne m’a pas encore montrée c’est coups les plus bas donc aucune séance annulée encore.

SA : Comment t’habilles-tu ? 

LL : Je porte un manteau S2 et des collants thermaux S3 de la marque Sugoi (protection thermique supérieur). Jusqu’à -15°, je mets seulement un t-shirt manches courtes en-dessous de mon manteau mais s’il fait plus froid, j’enfile une couche qui est aussi thermal S3. À la tête, je mets un simple bonnet et une écharpe que je peux ajuster plus ou moins haut pour cacher mon visage. Ce qui est plus difficile à garder au chaud ce sont les pieds et les mains. Je laisse tomber les petites chaussettes de course pour mettre de bien plus chaudes (thermo) ainsi que 2 paires de gants. J’ai le même type de baskets de course, sans crampons. C’est le départ qui est plus difficile mais un coup que la machine est bien partie ça roule !

VO : Jusqu’à concurrence de -15 degrés (température qui inclus le refroidissement éolien) je ne porte qu’une mince couche de d’un survêtement fait de propylène et sous mon softshell et pour le bas c’est un pantalon légèrement doublé avec un sous-vêtement protégeant l’équipement masculin. Lorsque la température chute sous les -15 degrés, j’ajoute une couche supplémentaire entre mon softshell et mon survêtement. Un chandail manches longues de type « Dry Fit ». Pour le bas, généralement je suis bon pour maintenir le même concept. Sous les -25 degrés, je remplace le chandail de type « Dry Fit » par une chandail fait d’une mince couche polar. Pour le bas, je porte mon pantalon de contention sous mon pantalon doublé et toujours mon sous-vêtement protecteur. Avec ça, je suis bon pour des températures qui descendent jusqu’à -38 degrés (par expérience). Pour les baskets, aucune différence. Je n’ai jamais eu froid aux pieds.

Question accessoires, le seul que je porte est la cagoule (même modèle que les skieurs alpins) donc protection du nez, de la bouche avec des petits trous d’aération spécifiquement positionnés. Elle s’ajoute à mon équipement lorsque la température descend sous les -25 degrés seulement. Évidemment le cache cou qui s’ajoute dès que la température descend sous les -10 degrés, mais on parle ici d’un modèle léger.

vincent ostiguy

SA : Portes-tu un intérêt plus particulier à ton échauffement ? 

LL : Avant de sortir, je fais quelques exercices d’étirements pour le dos, les hanches et pour finir avec les jambes. Je veille à ce que les muscles et articulations soient bien chauffés pour éviter les blessures. C’est mon devoir de bien préparer mon corps si je ne veux pas en subir les conséquences.

VO :  Pas plus qu’à l’habitude. Peut-être qu’on démarre moins rapidement, donc petit footing plus long que durant les autres saisons.

SA : Qu’est-ce qui change dans tes entraînements ? 

LL : C’est certain que, moi, je ne cours pas pour faire des bons chronos pendant l’hiver. Je dois m’ajuster au manque de place sur les bords de routes, du sol plus glissant ou encombré de neige. Je m’amuse un peu et c’est parfois des sorties parsemées d’imprévus. J’ai moins d’endroits pour courir car je ne peux aller sur toutes les routes. Je profite de l’hiver pour faire des sorties que je qualifie de détente et, qui à la fois, renforcent mes muscles et me maintiennent en forme. Je fais au moins 3-4 sorties par semaine d’environ 12-15 km. Mon programme d’entraînement avec ses intervalles reprendra au printemps.

VO :  Rien ne change vraiment. Pour la trail, les souliers à crampons (Inov OROC 280) et lorsque nécessaire pour nos séances d’intervalles en côte. Pour le reste, nous faisons les mêmes entraînements que durant les autres saisons. Tout dépend d’où nous en sommes dans nos phases. L’hiver, généralement c’est du maintien des acquis et du travail musculaire de type augmentation de la force, endurance et de l’impulsivité.

SA : As-tu l’impression de t’y habituer ?  

LL : Je m’habitue et m’adapte très bien. J’y prends goût et je suis heureuse de voir que je peux, jusqu’à une certaine limite, contrer le froid de l’hiver. Je suis fière de moi. J’avoue que je trouve cela moins difficile que de courir à 40°. J’aime ne pas dépendre du temps et vivre à travers celui qu’il fait.

VO : Une période de 2-3 semaines est nécessaire. Après cette période, le corps est assez bien adapté, même aux conditions les plus difficiles des hivers québécois. Le corps humain est une machine tellement bien faite! Je te dirais que le reste est une question de volonté. Comme dans bien d’autres situations !

quebec2SA : Une anecdote ? 

LL : Un jour je courais et une automobiliste s’arrêta et me dit : « Je peux vous embarquer et vous conduire si vous voulez ! » J’ai trouvé cela bien drôle de voir que pour cette dame j’étais en quelque sorte dans dans le pétrin pour courir ainsi.

VO : Les plus gros temps froid de l’hiver apportent leurs lots de petits désagréments. Par contre, tellement de belles occasions également. Le calme des matins froids d’hivers, laisse une atmosphère toujours un peu féerique. La luminosité n’est pas la même et il règne une quiétude, comme si on était seul au monde. Que dire des paysages… Au début du mois de janvier, tout de suite après le jour de l’an, nous avons vécu une petite période de froid intense. Il faisait aux environs de -27 degrés et nous avons effectué un entraînement en « trail running » au Mont St-Hilaire. À environ 1,5 km du sommet, les paysages se sont drastiquement transformés. Nous avions l’impression d’être dans une forêt d’arbres en cristal. Le givre avait envahi chacune des branches. J’avais l’impression d’être dans la forêt du premier film de Narnia. Nous sommes restés en extase devant le spectacle plusieurs minutes, bouche bée, avant de repartir vers le sommet et de redescendre. De retour en bas, ma partenaire Josée Prevost me dit: « T’as l’air de la fée des étoiles ». Bon, avec ma barbe givrée j’avais plutôt l’air d’un Père Noël déguisé, mais j’avais également de grands cils en cristaux de verre. Elle avait tout à fait raison !

Moi je dirais à tous les coureurs du monde « On a le plus beau pays pour courir ». Nos quatre saisons ont leurs beautés et leurs particularités. Ça casse la monotonie qui peut parfois s’installer. L’hiver et ses grands froids sont pour moi une raison de plus pour sortir et pratiquer la plus belle discipline sportive au monde… la course à pied.

Line fait partie d’un club de course à pied : http://www.milpat.ca/

Et sur Facebook : https://www.facebook.com/clubmilpat

Vincent est leader de groupe de course pour La Maison de la Course de Mont St-Hilaire

http://www.maisondelacourse.com/

(1ère publication le 21 janvier 2013)


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1 réponse
  1. Isabelle
    Isabelle says:

    Bel article! J’ajouterai que lorsque l’on coure à des températures sous zéro, la cavité buccale ainsi que la trachée, ne réussissent pas à réchauffer aussi rapidement l’air inspirée pouvant ainsi provoquer des soucis aux niveaux des bronches et éventuellement des poumons. S’assurer de courir à un rythme plus lent et se protéger la bouche. !

Les commentaires sont fermés.