Stéphane Abry faire du volume

Volume en course à pied

Vous me demandez souvent, quand je réalise de grosses charges kilométriques, ce que je suis en train de préparer (sous-entendu, quelle compétition). Faire du volume ne rime pas forcément avec un objectif ou une échéance. C’est avant tout par plaisir. Je cours. J’aime courir des dizaines de kilomètres juste parce que j’adore ça. En d’autres termes, ça m’éclate.

Courir juste pour courir

Il me semble (pas pour toutes les coureuses et les coureurs) que la course rime avec entraînements et compétitions. Ce qui est très bien, aucun mal à cette façon d’aborder la course à pied. Cependant il me parait essentiel aussi de courir juste pour le fait de gambader, que ce soit sur des petites distances, des longues, sur route ou en trail. Il est possible de courir sans musique, sans GPS, sans plan d’entraînement… Vous pouvez vous évader sans but à part celui de vous faire plaisir ou pour une autre raison personnelle.

Pourquoi tu cours ?

Quand je me suis remis à la course en mai 2007 c’était pour m’aider à arrêter de fumer. Et au bout de quelques semaines j’ai compris, senti, que l’ultramarathon allait devenir mon trip. Ensuite, à la même question, avec les années de pratiques, ma réponse à évoluer. J’ai fait un lien avec ma carrière de 23 années dans les médias, dans lesquels notre rôle (à part communiquer et transmettre) était de faire rêver et inspirer nos auditeurs. Et c’est vrai que quand on se lance dans des projets d’ultrafonds on reçoit beaucoup de messages allant dans ce sens. Je vous remercie, d’ailleurs, infiniment pour votre soutien et les mots que nous échangeons. De tout cela je vous en reparlerai plus en détails dans le bouquin que je suis en train de finaliser (ma bio via l’ultramarathon). Il devrait sortir dans la période mars/avril 2018.

Mais ma motivation à courir continue d’évoluer. Cela n’a plus rien à voir avec 2007. Il y a de plus en plus en moi le besoin de me développer personnellement (et du coup en lien avec mon job de coach). Psychanalyse ? Forme de spiritualité ? Recherche d’un « pourquoi » ? Ou pour quelqu’un qui m’est cher ? Les réponses se trouvent dans toutes ces questions. Du coup faire du volume me permet de descendre en moi, dans les abîmes de mon inconscient. La longue distance surtout sur route, grâce à une espèce de mouvement perpétuel aide grandement à se déconnecter de l’extérieur et de plonger profondément en soi. Même si cela peut sembler être « cul-cul » (j’assume totalement), la recherche de l’Amour est une forte motivation. Ca demanderait à être détaillé… quand je me sentirai prêt j’écrirai sur ce sujet.

Gros volume

Mon envie et mon besoin est donc de courir, courir, courir… Il me semble que j’ai eu une révélation en lisant un article sur Anton Krupicka qui évoquait il y a quelques années son kilométrage hebdomadaire : environ 210 km/semaine. 30 par jour ! Et je m’étais dit : « Wow ! Voilà ce que je veux ! » Pourquoi 30 m’a interpellé ? Pourquoi pas 20 ou 40 ? Je n’en sais trop rien. Voilà, il y a donc des périodes dans l’année, sans préparer de compétition, je mange de l’asphalte. Et vous ?


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Le mental oui mais pas que

Dans le sport et particulièrement dans les courses d’ultra-endurance le mental tient une place importante. Cependant il ne fait pas tout. Le mental oui mais pas que !

Physique vs mental

J’ai eu plusieurs « révélations » concernant l’utilisation du mental pour pratiquer l’ultramarathon. D’une part quand Bruno Heubi disait que tant que le corps est en forme nous n’utilisons pas la force du mental, et d’autre part lors de mon Tour de Suisse en Courant. Durant cette aventure mon corps m’a lâché durant la dernière étape de 80 km et quand un genou « ne tient plus », qu’il lâche, le mental ne peut rien pour le réparer.

J’ai aussi été témoin plusieurs fois lors de courses que le physique avait le dernier mot. Non pas que les coureurs avait un mental faible, au contraire, mais leur corps avait atteint ses limites. Pousser plus leur physique était devenu impossible (douleurs, blessures, respect de la santé…). Souvent on m’en parle durant mes conférences ou sur les réseaux sociaux et je pense sincèrement que dans le pire des cas nous pouvons pousser notre corps dans ses retranchements (mais jusqu’à quel point ? Dans quel but ?). Il arrive un moment où nous devenons conscients des risques que nous encourons. Avons-nous envie de stopper notre activité sportive durant des mois suite à une blessure que nous nous sommes infligée ?

Stephane Abry fontaineLe respect du corps

Celles et ceux qui me connaissent bien peuvent être étonnés par ce billet, cependant j’y mets un bémol. Je fais une différence entre un esprit forcené qui poussera ses limites quitte à ne pas respecter son corps (à chacun ses décisions) et le coureur qui durant l’effort gardera toute sa lucidité qui est à mon avis un signe de sagesse. Je différencie également la douleur musculaire, les ampoules, la météo, la fatigue etc… qui peuvent affaiblir le mental et la mise en danger de la santé. C’est dans ce dernier cas qu’il est essentiel de se poser quelques minutes et de réfléchir aux conséquences. Du coup je ne peux que vous suggérer de bien préparer votre corps aux points de ruptures auquel il sera soumis durant votre course d’ultrafond. Un corps faible prend le dessus sur le mental, alors que bien entraîné il sera un allié de votre esprit.

Soumis aux difficultés, le corps se rebelle car il sent naturellement qu’un dysfonctionnement est en train de se préparer. Les informations que vous allez recevoir vont vous donner beaucoup d’indications sur sa forme du moment. Il y a par exemple tous les signes de déshydratation qu’il vous faudra reconnaître rapidement de façon à lui apporter les bonnes réponses. Et dans cet exemple vous vous apercevrez très vite que votre hydratation n’était pas au top les semaines précédentes ainsi que celle durant votre épreuve. La force du mental ne sera pas dans ce cas de courir coûte que coûte mais de prendre les bonnes décisions (lucidité).

MentalPréparation mentale

Comme répété souvent, la préparation mentale s’entraîne afin d’être en accord avec son physique et ses objectifs. Se préparer à une épreuve d’ultra c’est donc aussi pouvoir garder cette fameuse lucidité durant la course (comme c’est le cas en plongée ou en apnée). Je ne suis pas certain qu’au bout de plusieurs heures de running nous soyons encore aptes à faire quelques multiplications mathématiques 😉 Notre esprit divague, nous vivons des états de conscience modifiée et cet état (bien que très agréable) ne nous permet plus d’analyser correctement les informations envoyées par le corps. Il est donc essentiel de bien se préparer mentalement afin d’avoir accès aux « pensées parades » que vous pourrez mobiliser au bon moment.

Dans son livre « Sports d’endurance – Repoussez vos limites » (éditions Amphora), Patrick Toth qui a suivi différents athlètes (amateurs, semi-pros, pros) décrit très bien comment programmer « un mental de gagnant ». Il en ressort que le sportif pro a pensé à tout et que lors d’un point de rupture, il met instantanément en place les bonnes stratégies qu’il a travaillées lors de sa préparation.

Nous ne pouvons pas compter que sur notre mental (j’en ai fait souvent les « cruelles expériences). Il nous faut inclure durant nos entraînements tous les aspects (physiques, techniques et mentaux) afin d’être performants et garder aussi un maximum de plaisir !

Bons entraînements à tous et… bonne course !


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24h Bâle 2017

24h Bâle – terrain de jeux motivant !

Je l’aime bien ce grand rectangle, ce tour d’un peu plus d’un kilomètre où nous tournons durant 24 heures. On me demande souvent si cela n’est pas lassant de courir en « rond » durant ces nombreuses heures. Répondre que non serait un gros mensonge ! Il y a plusieurs phases : pour ma part les premières heures ne sont pas si difficiles car le corps et l’esprit sont frais. Au bout de 3-4 heures je ressens une lassitude « normale » et ensuite j’entre dans une déconnexion mentale qui ne laisse plus de place à ce genre de ressenti ou de pensée (lassitude). De plus ce format 24h est très confortable : nous avons à disposition quasi immédiate le ravitaillement, les médecins, les massages, les toilettes, les douches… Du coup, nous ne sommes jamais seuls, nous sommes entourés.

L’aventure c’est l’aventure

Retourner aux 24h de Bâle sera pour moi en 2017 l’occasion de revoir mes objectifs et surtout de définir une nouvelle façon d’aborder l’ultramarathon. En effet, après une fin d’année 2015 et une année 2016 un peu compliquées (chute, sinusite, gastro et une perte de motivation importante) j’ai eu largement le temps de cogiter et de revenir à l’envie de vivre des aventures. Je vais donc voir cette année 2017 avec cette stratégie de vivre une grande aventure. Cela n’empêche évidemment pas d’avoir un sous-objectif (kilométrage me concernant).

24h-bale-powerbar-abryConfirmer la marque

Quand on atteint la marque de 200 km c’est intéressant mais cela n’est qu’une étape. Je garde une grosse envie de taquiner les 220 km et ensuite de continuer sur les course en étapes (50 – 70 km/jour) qui me conviennent parfaitement et pour lesquelles je découvre une vraie passion.

Cependant comme me l’avait dit Mika Micaletti (spécialiste ultrafond, record du monde 6 jours sur tapis de course) il est essentiel de confirmer son record perso avant de passer au niveau supérieur. Et comme il avait raison ! Depuis 2012 je n’ai pas réussi à recourir ces 200 km. Soit par excès d’enthousiasme, soit par manque de niaque, soit à cause d’un souci physique…

Donc pour les 13 et 14 mai 2017 je visionne une jolie aventure pour confirmer les 200 kils !

La préparation

J’ai testé plusieurs stratégies depuis quelques années : plus de travail de qualité, moins de kilométrage aux entraînements… Mon feedback me démontre que pour être prêt le jour J (celui qui compte) je dois manger des kilomètres. Certainement que mon passé non-sportif ne me permet pas de m’appuyer sur des bases solides d’athlétisme. J’ai le sentiment que je dois donc compenser pour me sentir en forme lors de compétitions.

Cette année j’ai décidé de faire un travail plus important en PPG (préparation physique générale) et je pense avoir trouvé la bonne personne qui pourra me coacher dans ce domaine (infos à suivre).

Concernant les entraînements en course à pied, je reprends mes bonnes habitudes : « faire du kil » pour inscrire physiquement et mentalement la charge kilométrique afin de la rendre plus accessible au fil des jours.

Ces entraînements pour les 24h de Bâle me permettront de préparer une bonne base pour le reste de mes courses d’ultramarathons en 2017.


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Run Across Australia

Run Across Australia

Christian Fatton s’est lancé le défi de tenter le record de la traversée de l’Australie en courant d’Est en Ouest (Run Across Australia). Depuis 2013, le record est détenu par l’ultramarathonien français Patrick Malandain : « Ma troisième traversée de continent, l’Australie. Une tentative de record en solo. Un coast to coast entre Sydney et Perth, entre l’océan Atlantique et Indien. Une course lancée le 13 octobre 2013 à l’opéra de Sydney et une arrivée 38 jours plus tard sur la « Fleet Street » à Fremantle banlieu de Perth, entre les deux, 3861 km, trois états traversés, la Nouvelle Galles du Sud, l’Australie Méridionale, l’Australie Occidentale, aussi la traversée de la plaine de Nullarbor, 1500 km sans arbres, sans ombres et des températures avoisinant les 50°, la plus grande ligne droite du monde, 146 kilomètres entre Caiguna et Balladonia. Une moyenne de 100,177 kilomètres au quotidien fait de moi le détendeur de la traversée de l’Australie, un record amélioré de cinq jours. »

run-across-australia-carteRun Across Australia

Christian Fatton est un ultramarathonien au parcours plus plus ! TransEurope Foot Race, Badwater, Tour de France et des centaines de courses toutes plus difficiles les unes que les autres qui ont fait de lui un coureur d’ultrafond hors norme ! Il a ce talent de pouvoir courir sur tous les formats (route, trail, 24h, 48h, 6 jours…). Précis dans le minutage et l’organisation, physiquement fort et connu pour avoir un mental particulièrement puissant, il fait partie de celles et ceux qui m’ont encouragé à mes débuts dans cette activité sportive.

Pourtant aujourd’hui, en consultant la page Facebook qui était dédiée à ce nouveau défi, j’ai appris qu’il avait mis fin à sa souffrance : « Après avoir couru deux jours avec des sérieuses blessures aux genoux, le gauche principalement ainsi qu’à la hanche, ces dernières l’obligeant de retirer son défi pour la Trans-Australie On Foot. Ayant parcouru plus de 512.8 kms depuis Sydney et malgré ces blessures et un temps très défavorable (pluie et vent contraire) Christian, toujours aussi déterminé a poursuivit la route en vélo pour plus de 158 kms. Christian a donné tout ce qu’il avait dans les réserves ces 2 derniers jours pour continuer, malheureusement physiquement a bout et mentalement cassé, Christian est très déçu de n’avoir pas pu continué. »

run-across-australia-cfChristian Fatton s’explique aussi sur son site : « A 6 h du matin, je prends le vélo et m’en vais. J’essaie… le vent a faibli mais est tout de même assez fort. Je dois me rendre à l’évidence, ça ne va pas aller. Je vais plus vite qu’à pied, du 12 ou 15 km/h, mais dans le vent, debout j’ai mal aux genoux et assis aux hanches. Hier soir, j’avais de fortes lancées dans la droite. Des courants électriques, comme si les os étaient en contact. Mais un peu du genre à ceux qui m’avaient obligé d’arrêter de courir 30 ans en arrière. Presque plus jamais revenus, sauf durant la fin et surtout après les 6 jours d’Antibes en 2010. Pas de signe avant-coureur. Les genoux, depuis les 2/3 du Tour de France, plus de problème. Et là, je cumule. Je ne vais pas bien, j’arrive pas à arrêter de penser à toutes les aides reçues, le soutien que j’ai eu d’un si grand nombre de personnes, au travail, dans mon entourage proche, mes amis, la famille, les donateurs pour ma tombola, mes annonceurs, mes sponsors et j’en oublie, la préparation que j’ai peaufinée, le tracé fait par Gilbert, les sponsors australiens trouvés par mon cousin, qui a lui déjà traversé l’Australie pour nous accueillir et nous servir de guide pour le retour avec sa voiture et sa remorque…

J’arrive pas à croire que ces douleurs m’empêchent de continuer. Ça tourne à fond dans ma tête, je n’arrive pas à arrêter de penser que certains vont me reprocher des tas de choses, mais je ne peux pas avancer dans de telles douleurs. Désolé de vous décevoir. Je sentais tellement de soutien partout, je suis honteux même si je n’ai rien à me reprocher, mais c’est lamentable, du moins c’est ce que je pense. A des kms de ce que j’espérais. Le Tour de France s’était peut-être trop bien passé, j’ai eu de la chance. Je partais vraiment confiant. Vraiment désolé de vous décevoir. »

Mon soutien en pensées

Christian a depuis 2008 fait partie de mes références en ultramarathon. Il est un leader et un inspirateur dans le domaine. Il m’est souvent arrivé de lire ses articles et de me remotiver grâce à ses écrits. Je peux tellement comprendre (même si je ne suis pas à sa place) ce qu’il ressent en stoppant son objectif. Tous les coureurs vous le diront, il est souvent très douloureux d’enlever le dossard et d’arrêter une course. Je sais que Christian à un mental d’enfer et qu’après la récupération il reprendra la route. Et j’espère qu’il s’attaquera de nouveau à ce challenge car il a évidemment toutes les qualités pour décrocher ce record. En pensées avec lui. Bon rétablissement l’ami !


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Stéphane Abry ultramarathon

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Léman Ultramarathon

Courir n’est pas une punition et courir en « presque » rond l’est encore moins ! Je sais on se rassure comme on peut, surtout quand on annonce un kilométrage de 175 km.

Le projet Léman Ultramarathon

Faire le tour du lac Léman en courant les 18-19 juin 2016. Le départ sera donné à Montreux le samedi 18 juin à 12h00. C’est un défi personnel, ce n’est pas une course officielle, c’est une course que l’on appelle « off » dans notre jargon. Le but est avant tout de le terminer et s’il est réalisé en moins de 24h je le prendrai comme un plus. En 2013 je l’avais couru en 21h44 avec Monika Loscher qui m’accompagnait à vélo (UltraTour du Léman).

Le départ sera donc donné à Montreux, ensuite je passerai par St Gingolph, Evian, Genève, Lausanne, Vevey et retour à Montreux en petites foulées (voire très petites foulées…).

Faire la fête ?

Courir n’étant pas une punition, j’aimerais faire de ces 24h un moment de partage unique. Je vous invite toutes et tous à faire un bout de chemin avec moi, soit en courant, soit à vélo ou à rollers (déguisés et clubs bienvenus) ! Il vous est aussi possible de vous arrêter sur le bord de la route pour faire un peu de bruit et vivre avec moi ces instants magiques.

Suivi et points de rencontres

Léman Ultramarathon carteCette page va beaucoup évoluer dans les semaines à venir. Les infos seront régulièrement mises à jour pour vous tenir au courant de l’avancée du projet. D’ici au jour J je vous indiquerai ma vitesse théorique pour vous permettre de mieux savoir où me rejoindre.

Pour tous contacts : contact(@)stephane-abry.com et/ou +41 78 88 37 2 37

 

 

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49 km de bonnes sensations

49 km de bonnes sensations

Samedi soir vers 22 heures je me suis décidé à faire une sortie longue dimanche. Tout est parti d’un moment de plaisanterie avec ma moitié. Du coup j’ai dû organiser au dernier moment. Cela dit, j’aime bien ces moments de folies ! Sans entrer dans tous les détails je devais entre autres charger mon sac-à-dos avec des effets personnels car je ne comptais pas rentrer chez moi avant lundi. Ca a permis, je l’avoue, à apporter encore plus de fun dans cette sortie « improvisée ».

Dimanche matin je me suis levé à 6 heures et j’ai pris un petit-déjeuner plutôt traditionnel. J’aimerais vous faire rêver sur le menu en vous postant de jolies photos sorties d’un livre de Philippe Etchebest, mais ma foi, ce n’est pas le cas ! J’ai mangé 5 tartines beurre/confiture, un kiwi, 2 tranches de jambon et j’ai bu 2 cafés longs, 2 grands verres d’eau et 6 gouttes de vitamine D… Donc rien d’extraordinaire.

Sortie longue 6-12-2015 stephane abry 2J’ai ensuite préparé mon sac-à-dos avec 2 litres de boisson isotonique*, mes vêtements de rechange, un gel, des gaufrettes énergétiques et 2 barres de céréales adaptées aux sorties longues. Vous ajoutez un peu de monnaie, des mouchoirs en papier (ça sert surtout pour les besoins pressants qui peuvent apparaître…) et vous arrivez assez vite à un poids de 4 bons kilos.

Concernant mon équipement j’ai opté pour bonnet, gants, lunettes, collant long et 4 couches (t-shirt, manches longues et vestes). Je n’ai pas regretté ce choix. Le long du Rhône j’ai même mis en plus la capuche pour renforcer l’effet de la chaleur. Celles et ceux qui me connaissent savent combien je suis frileux. Depuis quelques semaines j’attends (déjà) avec impatience l’arrivée de l’été 😉

Départ vers 08h45 en longeant le Rhône, de Sion jusqu’à Monthey (Valais – Suisse).

La gestion

L’idée n’était pas de faire un chrono, juste faire du kil afin monter en charge tranquillement dans les semaines à venir en vue de ma préparation aux 24h de Bâle fin avril/début mai. Je me suis calé sur le premier semi à 10-11 km/h. Mentalement rien de spécial à évoquer, j’ai juste couru en pensant à divers sujets qui composent ma vie.

Vers Fully j’ai été rejoint quelques minutes par une coureuse, Rachel de Branson. Nous avons couru environ 3 km et évidemment quand 2 coureurs se rencontrent, de quoi parlent-ils ?

Sortie longue 6-12-2015 stephane abry 1Vers le 35ème km, Karyn m’a apporté une bouteille d’eau et a récupéré quelques affaires afin de soulager le poids du sac-à-dos. Et j’ai pris la route… chemin… qui mène aux Bains de Lavey. Je ne connaissais pas ce parcours. Joli, un peu de dénivelé, quelques chaines accrochées aux rochers pour se tenir afin de ne pas glisser quelques dizaines de mètres plus bas et rythme un peu cassé mais heureux de la découverte (surtout visuelle).

Ensuite j’ai trottiné jusqu’à Monthey avec quelques nausées qui sont apparues mais rien de grave. J’ai marché un peu, continué à boire malgré tout, mangé la moitié d’une barre de céréales et tout est rentré dans l’ordre.

Concernant l’hydratation et l’alimentation, rien de spécial : 1.5 litre de boisson iso, 300 ml d’eau, la moitié d’une barre énergétique et un gel. Je constate que je n’ai pas bu assez pour 05h30 de course mais cependant je n’ai pas ressenti de gêne liée à cette petite quantité descendue.

* Boisson isotonique Powerbar


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L’essence de l’ultramarathon

Il n’est pas un jour durant lequel je ne pense pas à la course à pied, durant lequel je ne pense pas à l’ultramarathon. Ce n’est pas un toc, ni une idée fixe, ni une obsession, même si cela y ressemble de loin. Un jour quelqu’un m’a dit : « Stéphane n’arrête pas l’ultramarathon car c’est ta colonne vertébrale. Si tu arrêtes de courir c’est toi, ton âme, que tu stopperas ».

L’essence de la performance

Il y a plusieurs routes qui mènent à l’ultramarathon, certains ont suivi la voie toute tracée : piste, semi-marathon, marathon, ultramarathon. D’autres ont taquiné le cross et aussi le bitume ou ont un esprit de compétition. Et il y a les autres qui n’ont pas forcément un passé sportif. ceux qui y sont venus car un jour quelque chose dans leur vie les y a poussé, quelque chose a bougé, il y a eu un déclic, une envie furieuse de fouler l’asphalte, comme une énergie qui pousse dans le dos. Quelques fois « juste » pour stopper une addiction, pour donner du sens à la vie, pour s’offrir un but, pour se prouver quelque chose, pour se sortir de notre société aseptisée, pour plus de voyage intérieur, ou pour se sentir vivant… tout simplement se sentir vivre.

Je ne sais pas si c’est l’endurance qui est l’essence de la performance mais j’ai bien l’impression qu’il y a autre chose derrière ce chemin d’ultramarathonien. J’évoque ici celles et ceux qui n’ont pas suivi la filière « clubs, entraînements, compétitions, podiums, médailles ». Je fais cette distinction car le vécu de l’ultra est bien différent suivant son état d’esprit. Cependant il n’y a pas un état d’esprit mieux qu’un autre, juste des façons différentes de vivre la course d’ultrafond.

Il y a souvent chez les ultramarathoniens un investissement qui répare quelque part un petit bout de la vie qui n’a pas cicatrisé comme il aurait dû. Il y a au fond d’eux une envie forte d’essayer de faire le bien autour d’eux, d’accorder plus de temps aux émotions, de découvrir des voyages au fond de l’inconscient, de vibrer dans la solitude du coureur de fond et de vivre leurs rêves sous formes de toujours plus de kilomètres d’euphorie, d’exaltation, d’enivrement.

Stephane Abry 3 Bale - Basel 2014Les sens dans la performance

J’ai appris que l’ultramarathon est une activité subtile qui nous amène à être de plus en plus précis avec nous-mêmes. L’ultra nous demande de l’attention, de sentir chaque cellule de notre corps, de savoir nous parler dans nos petites caboches, de goûter aux délices de la foulée, de voir à la moindre alerte ce qui nous perturbe, physiquement ou psychologiquement. Goûter sur ses lèvres l’eau salée des yeux trop pleins de joies ou de douleurs, respirer l’air qui nous est si important, se délecter de cette eau indispensable à nos propres traversées du désert, sentir les battements de nos coeurs, entendre notre corps vibrer et toucher au « sublime » !

L’aisance dans la performance

Quel cadeau de connaitre, ne serait-ce que quelques minutes, ces moments de légèreté au bout de quelques kilomètres et de se sentir voler, de se sentir totalement libre, de ressentir une puissance d’aisance et des moments magiques de parfaite harmonie. On nomme ces moments le flow. Il nous faut par moment pousser nos limites assez loin pour trouver ces périodes de « déconnexion » et vivre une période d’extase durant laquelle tout parait simple, facile, magique.

Je vous souhaite sincèrement de vivre autant de plaisir que nous pouvons en connaitre dans l’ultramarathon malgré nos moments de souffrances, de doutes, de ras-le-bol et des fois nos envies de tout envoyer par la fenêtre. Mais après, nous savons qu’il y a toujours un moment de Bonheur qui nous transcende. Ce moment arrive toujours, tôt ou tard.

 

Pratique de l'ultramarathon

Les coureurs d’ultrafond

En parcourant le web j’ai découvert cet article de 2013 (source : www.lapresse.ca). J’aurais aimé connaitre l’aspect plus « psy » des ultrarunners. Y a t’il des profils psychologiques types ? Pour quelle(s) raison(s) l’ultrafond ?

Une étude américaine permet de comprendre quel type de personnes s’adonnent à l’ultrafond, ces courses de plus de 42 kilomètres.

Des chercheurs de l’université de Stanford en Californie ont passé en revue des données concernant 1345 coureurs d’ultrafond (soit des ex-coureurs ou des sportifs encore en activité), les interrogeant sur leur habitude de running et les différentes courses auxquelles ils ont participé.

Leurs résultats montrent que ce type de coureurs avaient en moyenne 36 ans lors de leur première course de plus de 42 km. Même si la majorité des coureurs avait environ sept ans d’expérience avant de courir un ultramarathon, environ 25% des personnes interrogées n’avaient que trois ans ou moins d’expérience avant de se lancer dans une très longue distance.

Autre information, peu surprenante cette fois, les coureurs d’ultrafond s’entraînent beaucoup. Par exemple, les coureurs encore actuellement en activité avaient couru 3347 km l’année précédant l’étude. Parmi les raisons avancées pour arrêter de courir les ultramarathons l’année précédente on note d’abord les blessures, puis le travail et les engagements familiaux.

Le site spécialisé Runner’s World note que ces résultats sont fidèles aux observations faites dans le milieu des courses d’ultrafond ces dernières années.